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samedi 12 janvier 2013

SAGEMOR: Le projet de port à sec de PENMERN à Baden


Le projet SAGEMOR de port à sec à Bois-bas-Penmern à Baden n'est pas  conforme aux exigences du Schéma de Mise en Valeur de la Mer et à la protection des paysages

La SAGEMOR, présidée désormais par le Président du Conseil Général, a l’ambition de réaliser un port à sec pour stocker 200 bateaux à moteur à Bois-bas-Penmern à Baden  dans un site enserré entre un espace boisé naturel remarquable et des habitations. L’annonce officielle en a été faite le 10 décembre 2012 au cours de la réunion du groupe de travail « Activités nautiques et accès à la mer » dans le cadre du Schéma de Mise en Valeur à la Mer (SMVM).

La promesse d’une démolition des bâtiments actuels certes inesthétiques et leur remplacement par une construction qui se confondrait beaucoup mieux avec l’environnement paysager ne suffisent pas à convaincre les 25 associations membres de la FAPEGM de l’opportunité de ce projet.

La Fédération des associations de protection de l’environnement du Golfe du Morbihan (F.A.P.E.G.M.)
s’interroge sur les motifs qui ont présidé au choix de ce site alors qu’il n’était pas cité dans le S.M.V.M. Si ce document n’excluait pas la recherche d’un autre site, celle-ci devait se faire à la suite d’études approfondies, menées dans le cadre d’un schéma directeur. L’Administration n’a pas respecté cet engagement, ne l’estimant pas nécessaire « compte tenu des faibles possibilités d’installer un port à sec dans le Golfe »

Le S.M.V.M. indique que le site d’accueil d’une telle infrastructure doit prendre en compte la proximité immédiate de l’eau, les infrastructures d’accès sur le domaine terrestre et le respect de la protection des espaces remarquables. Le site ne répond à aucune de ces conditions :
  • Proximité immédiate de l’eau : les manutentions pour mises à l’eau ou à sec rapides et à toutes heures de la journée ne sont pas possibles en raison de l’absence d’eau à marée basse, à moins de réaliser des infrastructures importantes sur le Domaine publique maritime, au détriment peut-être des parcs ostréicoles situés à proximité.
  • Les infrastructures routières (route étroite et partiellement déformée) ne sont pas adaptées et nécessiteraient des aménagements importants pour assurer un va et vient incessant de véhicules et de leurs remorques sur une route qui passe de part et d’autres des habitations et d’un espace naturel remarquable. La tranquillité actuelle des résidents en serait affectée.
  • L’intégration de ce projet dans l’environnement paysager d'un site inscrit boisé, classé aux alentours en zone Nds, est loin d’être acquise : imaginons la hauteur nécessaire pour stocker par empilage 200 bateaux sur une superficie annoncée de seulement 3000m2. Aucune réponse quant aux possibilités de parking des véhicules et des remorques. Quid des risques de pollution alors que l’assainissement collectif n’existe pas encore dans le secteur et que des parcs à huîtres font face au chantier.

Alors que beaucoup militent pour freiner le développement des bateaux à moteur dans le Golfe du Morbihan afin de préserver la fragilité de son écosystème, ce serait faire preuve d’un manque de responsabilité environnementale que d’aller dans un sens opposé à cette préoccupation. A l’occasion de son passage au dernier salon nautique à Paris, M.Goulard n’a-t’il pas affirmé que « Le Morbihan est un département qui aime la mer et…la voile. Cela fait partie de son ADN »  

L’objectif de la SAGEMOR est de démarrer les travaux début 2014. Une étude d’impact Natura 2000 sera réalisée ainsi qu’une enquête publique. La Sagemor envisage également une concertation avec les riverains et les associations concernées. Qui dit concertation, dit acceptation de principe du projet au prix de de quelques concessions.

Le contenu du projet n'est pas encore connu en détail. Dès maintenant, en raison des éléments développés ci-dessus, la FAPEGM n'est pas favorable. Elle n’est pas contre l’existence de ports à sec mais dans des espaces mieux adaptés en tous points de vue à ce concept de stockage de bateaux. Elle s’interroge de savoir si la création  d’un port à sec dans le Golfe du Morbihan répond à une nécessité absolue au mépris des nuisances et de l’atteinte à l’environnement.